L’autorité est fondée sur la compétence

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Bonjour à tous, ici Laurent Breillat pour PédagoClic. Aujourd’hui, je vous fais une vidéo parce que j’ai lu un article de Michel Serres, qui est philosophe, écrivain, et membre de l’Académie française. Le titre de l’article, c’est « La seule autorité possible est fondée sur la compétence ».
Juste « La seule autorité possible est fondée sur la compétence ».

Ce qui y est dit est vraiment très intéressant, et je pense que ça a un rapport assez profond avec ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse c’est : apporter de la valeur à travers de l’excellent contenu.

En effet, je sais que pour beaucoup, il peut y avoir le fameux « syndrome de l’imposteur ». La peur de ne pas être assez bon, de ne pas apporter assez de valeur, de ne pas avoir les qualifications nécessaires pour s’exprimer sur un sujet, en se disant « je n’ai pas de diplôme », je ne sais pas quoi.
Cette peur n’est pas complètement négative, car il y a quand même la préoccupation d’apporter de la valeur à son audience, ce qui est parfaitement légitime. Vous avez raison de dire : est-ce que j’apporte suffisamment de valeur ? C’est une bonne question à se poser.

Seulement cette peur est basée sur une perception un petit peu périmée du monde. Avant, l’autorité était fondée sur le fait que l’enseignant, le médecin possédaient des connaissances sur un sujet que la plupart des gens ignoraient totalement et qu’ils ne pouvaient pas vraiment avoir. C’est-à-dire que, avant, si vous vouliez avoir des connaissances en enseignement, vous étiez obligé de vous former à ça, vous ne pouviez pas acheter de livres sur Amazon.

Mais aujourd’hui c’est très différent, l’information est à la portée de tous. Dans nos poches, nous avons accès à Google et Wikipédia. Donc on a une quantité d’informations accessible très rapidement qui est énorme. Du coup, le rapport à l’autorité s’en trouve bouleversé. N’importe qui peut maintenant augmenter ses connaissances sur un sujet par une simple recherche. Ça ne veut pas dire qu’il va devenir expert, mais on est capable d’avoir les bases d’un sujet rapidement, ce qui nous permet de poser des questions, mais aussi de mettre en doute l’autorité.

Laissez-moi vous lire un passage de l’article :

« Avant la génération des Petite Poucette, seuls le tyran, le plus riche ou le plus savant tenaient le monde entre leurs mains. Aujourd’hui, pour peu qu’il ait consulté un bon site, l’étudiant, le patient, le consommateur, ou même l’enfant peut en savoir autant sur le sujet traité que le maître, le médecin, le directeur, le journaliste ou l’élu. Nous disons que l’autorité est en crise parce que nous passons d’une société hiérarchique, verticale, à une société plus transversale, notamment grâce aux réseaux comme Internet. Tout ne coule plus du haut vers le bas, de celui qui sait vers l’ignorant. Les relations parent-enfant, maître-élève, État-citoyen… sont à reconstruire. »

C’est très intéressant ce qu’il dit. Donc à tort ou à raison, peu importe : il y a une certaine perte de respect, ou tout au moins, si pas de respect, d’aura, pour les figures d’autorité classiques. « L’effet blouse blanche » existe encore, mais il s’amenuise avec le temps.
On le voit dans l’enseignement, on le voit dans la médecine, on le voit dans la politique.

Et ce n’est pas forcément un mal, moi je trouve ça plutôt bien, en fait. Le fait que quelqu’un possède un statut ne signifie pas qu’il doive posséder une autorité. Après tout, il existe de mauvais profs, il existe de mauvais médecins, il existe des politiques qui disent n’importe quoi et ne savent pas de quoi ils parlent. C’est assez normal qu’ils n’aient pas d’autorité s’ils sont mauvais. Il paraît donc plutôt juste que l’autorité se gagne par la compétence, et non par le simple statut. Pour moi, ça semble plutôt une amélioration.

Pour nous, c’est à la fois une formidable opportunité, et un challenge.

Une opportunité, car il est communément admis par beaucoup de monde aujourd’hui, même inconsciemment, sans forcément qu’ils se fassent cette réflexion-là, que n’importe qui sur Internet peut avoir des choses intéressantes à raconter. Il y a 40 ans, je ne suis pas sûr qu’on aurait donné la possibilité à un expert autodidacte de partager sa passion et son savoir à un amphithéâtre d’étudiants avides de connaissances, s’il n’avait pas le diplôme. Même encore aujourd’hui, ça n’arrivera pas.
C’est une opportunité pour nous, parce que, du coup, ça nous permet de partager notre passion, nos connaissances beaucoup plus facilement qu’avant, mais c’est aussi un challenge.

Parce que ça veut dire que si vous voulez de l’autorité, c’est-à-dire que votre audience vous écoute et vous fasse confiance (ce qui est évidemment indispensable), il faut prouver cette autorité. Vous n’allez plus avoir cette autorité juste parce que vous avez une chaîne YouTube et les gens vous écoutent. Ça ne suffit plus. Pour quelques personnes, peut-être, mais globalement, vous n’allez pas avoir d’autorité juste parce que vous parlez sur Internet.

Les gens attendent que vous leur apportiez de la VALEUR.

Laissez-moi vous lire un autre passage de l’article qui est assez intéressant :

« Dans la langue française, le mot « autorité » vient du latin auctoritas, dont la racine se rattache au même groupe que augere, qui signifie « augmenter ». La morale humaine augmente la valeur de l’autorité. Celui qui a autorité sur moi doit augmenter mes connaissances, mon bonheur, mon travail, ma sécurité, il a une fonction de croissance. La véritable autorité est celle qui grandit l’autre. Le mot « auteur » dérive de cette autorité-là. En tant qu’auteur, je me porte garant de ce que je dis, j’en suis responsable. Et si mon livre est bon, il vous augmente. Un bon auteur augmente son lecteur. »

Donc là, ce qu’il est en train de nous dire, c’est qu’un bon auteur, quand il dit qu’il augmente son lecteur, c’est qu’il lui apporte de la valeur. C’est-à-dire qu’il le rend meilleur, d’une manière ou d’une autre.
Voilà, je voulais vous partager ça, parce que je pense que c’est une très bonne réflexion par rapport au fait qu’aujourd’hui on a à la fois cette opportunité et ce challenge de pouvoir apporter de la valeur à tout le monde.

Voilà, j’espère que cette vidéo vous aura plu. Si c’est le cas, mettez-lui un pouce bleu et partagez-la avec d’autres personnes qui pourraient être intéressées. Pensez à vous abonner et à cliquer sur la cloche pour ne pas rater les prochaines et si vous ne l’avez pas encore téléchargé, eh bien, cliquez ici pour obtenir votre pack de bonus qui est, en gros, le 20/80 pour justement apporter plus de valeur à votre audience.
Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo, et d’ici là, n’oubliez pas d’apporter de la valeur et que le contenu est roi. Ciao !

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1 commentaire

  1. Pascal Le 8 octobre 2018 à 10h09 Répondre

    Augmenter son lecteur ! J’adore la formule.
    C’est l’essence même de toutes transmissions de savoirs (formation, blog…)
    Ce qui est beau, en plus, c’est qu’il s’agit d’un cercle vertueux : en « augmentant » son apprenant/lecteur, nous nous « augmentons » également.
    En effet, enseigner permet d’augmenter sa compétence dans la matière transmise…et par là même, notre autorité.
    La boucle est bouclée !

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